10 déc. 2009

L’homme moderne

«La seule profondeur qui intéresse les hommes chez les femmes est celle de leur décolleté»

- Zsa-Zsa Gabor


L’interpellation du jour de notre quatuor : «Qu’est-ce qui différencie l’homme d’aujourd’hui à celui des années cinquante?»  Dans les années 50, la contribution des hommes aux tâches domestiques se limitait au gazon, au pelletage l’hiver, aux poubelles et au rituel BBQ. En 2007, c’est toujours pareil. Ah ! Que j’aimerais voir Emeric s’acquitter de la tâche de cuisiner tous les soirs de semaine et cela avec savoir-faire. Néanmoins, je sais très bien que si je le lui demandais, on ne mangerait que des crêpes. Et même là, je parie qu’il n’en finirait plus de remettre le souper à plus tard jusqu’à ce que je sois fatiguée d’attendre…

Je le concède, l’homme moderne diffère quand même un peu de celui de nos mères. En effet, le nôtre ne se contente pas seulement de faire de l’exercice pour être beau : Il s’épile, se crème et se teint. D’ailleurs, si tout ça faisait partie des tâches domestiques, notre mâle serait un pro de la vie domestique! Mais comme leurs congénères d’il y a cinquante ans, les filles cultivées et pleines d’esprit, ils adorent mais pas tant que cela. C’est vraiment l’apparence qui détermine la première impression qu’un mec aura de nous. Les trop spirituelles et fines d’esprit, encore maintenant, elles font plus peur qu’aguicher.

Qu’est-ce qui différencie l’homme d’aujourd’hui à celui des années cinquante? À cela, mon chum répond sans déshonneur que c’est la manette de télé qui les distingue. En 1950, il n’y en avait pas. À cette époque, les hommes n’offensaient pas encore leur blonde avec leur foutue manie de zapper bien qu’ils les effarouchaient déjà en préférant un match de baseball à une belle conversation avec leur belle. Eh oui ! Des niaiseries du genre, Emeric en a une tonne dans sa petite tête. D’ailleurs à l’entendre, si l’homme d’aujourd’hui ne passe pas davantage la balayeuse, c’est parce qu’il est plus émotif. En gros, mon chum ne passe pas l’aspirateur par altruisme. Autrement dit, il ne décrasse pas le tapis parce que le son de l’appareil angoisse le chat. Baliverne ! Il n’est qu’un fainéant quand il s’agit des tâches ménagères et il pense comme son prédécesseur que ce sont les affaires des femmes !

Bref, comme dans les années cinquante, quand les femmes n’en peuvent plus de voir leur homme s’écraser devant la télé, elles se mettent sur leur 36 et obligent leur mâle à les inviter au théâtre ou encore à s’offrir un bon souper aux chandelles dans un petit resto pas trop cheap. Ça semble un peu simplet, mais encore aux jours d’aujourd’hui, je l’avoue sans honte, ça relance toujours la vie de couple et tout ce qui va avec.

- Les hommes d’aujourd’hui restent semblables à ceux des cavernes.
- Aïe ! Tu n’es pas très gentille à leur égard. Ne te demande pas pourquoi t’es toujours célibataire, manifeste Sabrine.
- Je suis juste réaliste, répond sèchement Doryane.
- Ne vous crêper pas le chignon. Nos hommes d’aujourd’hui ne ressemblent pas à ceux des cavernes et pas davantage à ceux des années cinquante. Balance Clara. Maintenant, ils savent s’exprimer au-delà des simples grognements qu’émettaient nos papas.
- La plupart d’entre eux ressemblent maintenant à nos chums… de filles ! Dit Sabrine morte de rire. On dirait qu’on a maintenant atteint l’égalité entre les sexes : les hommes sont dorénavant aussi moumounes que nous autres les femmes !
- Moi, j’attends encore le juste milieu entre Brute 33 et Opium pour homme !- Très drôle, dis-je à Doryane. Mais je suis d’accord avec toi, un vrai mec doit être comme du café: bon, chaud et fort.

Sabrine avale avec peine et sa lèvre inférieure se remet à trembler, un peu comme la fois où elle est allée nous annoncer qu’elle était prégnante.

- Je l’ai trouvé mon homme bon, chaud et fort. Je sais, il y a longtemps que j’aurais dû vous mettre au courant…

Comme on se souciait toutes de son avenir, de celui de son fœtus aussi, nous étions toutes folles de joie d’apprendre cette bonne nouvelle. Ainsi, les réprimandes, on n’en avait cure aujourd’hui.

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